L’Actualité

La dernière pétition

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Karim BENAMAR Publié 14 Avril 2022 à 12:00

“(…) C’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission d’idées, il faut le préserver, le défendre et le faire vivre”, lançait, le 3 avril, à Oran, un appel d’intellectuels, quatre jours avant que l’assemblée générale des actionnaires de Liberté n’entérine, à Alger, la dissolution anticipée de l’entreprise éditrice. L’acte de décès officiellement signé, le journal l’annonça à ses lecteurs dans son édition du lendemain, avec la précision que le dernier numéro avait été fixé au 14 avril.
Plus qu’une semaine de parution devant nous. Le 8 avril, je reçus encore de nombreux appels et de messages de solidarité. Des Algériens, universitaires, écrivains, des artistes et des citoyens, informés de l’appel circulant sur la toile, un peu dans les médias, souhaitaient joindre leurs noms à la pétition et faire renoncer à Liberté la fermeture. Les jours d’après, la fin du journal pourtant actée, il tombait encore une pluie de messages indignés sur Oued Romane, dans les hauteurs d’Alger, où la rédaction du journal avait élu domicile depuis 2009.
Je notai scrupuleusement les noms sur une feuille de papier. Ma collègue Hana Menasria, de son côté, m’annonçait des dizaines d’autres signatures qui parvenaient au journal. La stupeur ainsi enflait, la liste s’allongeait. Une trentaine au début, le texte finit par être porté par cent cinquante signatures. Liberté, à ce moment, cueillait sans doute le fruit de son ouverture heureuse entamée dans le même mouvement citoyen du Hirak.
“Il faut continuer à actualiser la liste. Nous garderons la pétition ouverte sur le site internet du journal”, insista le directeur de la rédaction, Hacène Ouali. La pétition se mit ainsi à occuper nos esprits, les noms des signataires à circuler dans la navette des bureaux. À la brutalité de l’annonce de la disparition de notre journal succéda le sentiment de fierté tiré de ce bel élan de solidarité. Pendant qu’il se dirigeait, dérouté, vers son sort, à l’occasion de son dernier tirage, Liberté ne fut jamais aussi vivant et retentissant porté par des centaines de voix révoltées, inquiètes. Elles ont résonné à Constantine, Béjaïa, Annaba, Tizi Ouzou. Dans le même élan, à Paris, Bruxelles,
Washington et Montréal. Elles ont retenti à El-Achour enfin. Qui sont-elles ? Des personnes soucieuses et jalouses de préserver une tribune où s’échangent encore quelques idées et s’exerce le débat. Nombreux, parmi les signataires de l’appel, étaient des proches du journal.
Ils sont auteurs et autrices, sociologues, professeurs d’université, poètes, chercheurs, acteurs culturels, comédiens et médecins. Des militants aussi, des historiens et des artistes. Liberté allait toujours à leur rencontre. Il s’est ouvert à eux, leur a confié ses colonnes et les a interviewés beaucoup. Il a transmis leurs idées, s’est fait le relais de leurs éclairages et le porteur, enfin, de leur pétition. Pari réussi !

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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